Critique 3DS : Yo-Kai Watch 2 : Fleshy Souls


En 1996, Pokémon a révolutionné le monde des jeux de rôle avec son approche mélangeant construction d’équipe, collection de créatures et animaux mignons. Beaucoup de développeurs furent inspirés par la formule depuis, mais très peu ont réussi à tirer leur épingle du jeu. Avec maintenant 6 séries de mangas, plus de 150 épisode d’anime, 3 films et 6 jeux (dont deux disponibles au Canada), Yokai Watch semble avoir l’étoffe de son grand frère, mais est-ce le cas ?

Un Pokémon bon marché ? Loin de là !

Comparaison Yo-Kai - Pokémon

Un Yo-Kai et un Pokémon basés sur le même esprit

N’ayant pas joué au premier Yo-Kai Watch, je me suis attaqué au second opus sans savoir à quoi m’attendre… Et j’ai été agréablement surpris. Le jeu propose un format narratif et un système de combat peu communs pour les RPG du genre. Tout cela est jumelé à une esthétique purement japonaise qui lui donne beaucoup de charme.

Avant de puiser plus profondément dans le jeu, il est important d’expliquer ce qu’est un Yo-Kai. Les Yo-Kais sont des créatures surnaturelles provenants du folklore japonais. Reconnus comme étant des genres d’esprits espiègles aux multiples formes, les Yo-Kais sont connus de tous au Japon et ont inspirés de nombreux personnages dont certains Pokémons, comme Gastly et Ninetales. Il n’est alors pas étonnant que la franchise soit aussi populaire au pays du soleil levant.

Donc, comme je disais, l’histoire n’est pas présentée comme celle des autres jeux de rôle dont je suis habitué de jouer. Après quelques cinématiques bien réalisées pour nous mettre dans la bain (Et avouons qu’en n’ayant pas lu le manga, cela était bien pratique), et un choix déchirant de marque de beigne, le jeu nous laisse partir à l’aventure sans but à long terme précis. Le but est plutôt d’aider les habitants de Springdale et de ses environs des Yo-Kais malfaiteurs afin de débloquer la suite de l’histoire principale.

Le fait d’approcher la progression par de courtes missions plutôt que de tout relier à une grande histoire principale donne un charme à Yo-Kai Watch que plusieurs jeux n’ont pas.

Écran des missions, avec les indices pour les joueurs avertis

Écran des missions, avec les indices pour les joueurs avertis

Toutes les missions du jeux sont cataloguées dans un menu et sont terminables dans l’ordre de votre choix. Il est alors possible d’essayer de déchiffrer les indices de la mission afin de savoir où aller et quoi faire ou tout simplement d’activer le guidage et de laisser le jeu nous pointer la bonne direction afin de progresser. Je trouve ce système fantastique puisqu’il laisse la chance aux joueurs plus avertis de réfléchir et de découvrir les solutions par eux-mêmes tout en offrant la chance aux autres de savoir quoi faire et de ne pas jeter son 3DS par la fenêtre parce que les indices n’étaient pas assez clairs. Il ne faut pas oublier non plus que Yo-Kai Watch est, avant toute chose, destiné à un public plus jeune, comme l’était Pokémon à ses débuts.

Il est donc facile et agréable de progresser dans le jeu. Le fait d’approcher la progression par de courtes missions plutôt que de tout relier à une grande histoire principale donne un charme à Yo-Kai Watch que plusieurs jeux n’ont pas. Cela rend l’offre très accessible tout en laissant une histoire plus classique en trame de fond pour les joueurs qui apprécient ce genre de chose. (Ce qui n’est pas mon cas.)

Tenter de garder le radar sur le Yo-Kai qui se sauve à l'aide du stylet n'est pas si facile

Tenter de garder le radar sur le Yo-Kai qui se sauve à l’aide du stylet n’est pas si facile

Des combats stratégiques

Côté jouabilité, soulignons que Yo-Kai Watch tente plusieurs concepts originaux, chose qui n’est pas si commune pour le style de jeu. Mais cela est à double tranchant : autant est-il agréable de chasser les monstres en début de partie et de lancer des sorts en combat, autant ces tâches deviennent un peu répétitives à la longue. Bien sûr, la nature d’un jeu de rôle repose souvent sur la répétition et le “grinding” comme on l’appelle, mais la plupart des RPG modernes offrent des améliorations qui accélèrent les tâches inutiles, comme vous éviter de combattre des monstres que vous élimineriez en un seul tour. Bref, bien que je n’ai pas croisé ce genre d’amélioration, les deux mécaniques principales, la chasse aux Yo-Kais ainsi que les combats restent en eux-mêmes  très solides.

Dès le début du jeu, votre montre (la “Yo-Kai watch”) agit comme un radar qui permet de localiser les Yo-Kais sur la carte. Car, contrairement aux autres jeux de ce genre, les combats, en général, ne sont ni aléatoires, ni à éviter sur la carte ! Ici, si vous voulez participer à des combats de Yo-Kais, vous devez jouer le chasseur et trouver où les esprits sont cachés. Une fois trouvé, s’ils sont directement sur la carte, il ne vous reste plus qu’à attendre quelques secondes avant que le combat commence, mais s’ils sont cachés sur un des nombreux objets, tel que les arbres ou les machines distributrices, il vous faudra réussir à garder le radar, contrôlé avec le stylet, sur le Yo-Kai qui tente de s’enfuir.

On voit facilement que le jeu a été fait avec cœur et passion. Seulement le fait de tenter de nouvelles choses dans une ère où plusieurs développeurs se contentent de recycler le même contenu à chaque année est louable.

Une roue de combat bien remplie

Une roue de combat bien remplie

Pour les combats, là aussi Yo-Kai Watch 2 innove dans le domaine et propose un mélange de “idle game” ou jeu inactif en français, genre populaire sur mobile qui ne consiste qu’à laisser vos éléments éléments se contrôler eux-mêmes avec quelques interventions de votre part de temps à autre, et de jeu de stratégie en temps réel. Tout comme Pokémon, votre équipe consistera de 6 monstres plus ou moins mignons , mais trois d’entre eux affrontent les adversaires à la fois. La stratégie ici est de les positionner sur une roue de commande de manière à mettre côte à côte des Yo-Kais ayant les mêmes affinités. Tout au long du combat il vous est possible de tourner la roue afin de choisir quels trois Yo-Kai devraient être actifs en même temps. Certaines combinaisons seront plus rapides, plus résistantes ou plus fortes par exemple. Ce système, comme tout le reste du jeu, reste simple et profond qui nous laisse engagé durant chaque combat. De plus, chaque Yo-Kai a une habileté spéciale qui peut être activée après un certain temps à l’aide d’un mini jeu effectué avec le stylet et qui déclenche une attaque spectaculaire ou une modification des statuts des monstres d’un des deux côtés de l’arène.

La seule idée que le jeu amène que je n’ai pas aimé est la manière de se lier d’amitié avec un Yo-Kai afin qu’il rejoigne votre équipe. Dans Pokémon, par exemple, il suffit de lancer autant de pokéballs sur les monstres durant un combat en approximant nos chances de capture en fonction de la force du monstre et de la pokéball. Simple, rapide, répétable et efficace. Dans Yo-Kai Watch 2, vous devez apprendre quel type de Yo-Kai aime quel type de nourriture, et ce, en ne pouvant leur envoyé qu’un seul item par combat (si vous êtes assez rapide pour sélectionner le bon esprit et lui envoyer le bon item avant qu’il ne soit vaincu). Et ainsi attendre la fin du combat pour voir s’il choisit de devenir ami avec vous ou pas. Le concept de mieux apprendre à connaître les habitudes des créatures est très bien sur papier, mais en pratique, le tout est trop compliqué et ne permet qu’une seule chance de capture par combat, ce qui rend le tout trop compliqué, lent, répétitif et inefficace.

Un des mini-jeux pour activer une attaque spéciale. Ici il faut pointer les chiffres en surbrillance avec l'aiguille.

Un des mini-jeux pour activer une attaque spéciale. Ici il faut pointer les chiffres en surbrillance avec l’aiguille.

Parlant d’efficacité, mon commentaire sur la répétitivité plus haut est aussi justifié par le fait que les deux sections utilisant le stylet sont des barrières inutiles entre la volonté et l’action.Le tout n’est pas très difficile, mais quand même un peu si vous jouez avec le pad plutôt que le stylet, mais devoir attendre des 5 à 10 secondes supplémentaires avant et durant chaque combat alors que l’appui d’un seul bouton aurait suffi rend l’expérience moins dynamique qu’elle pourrait être.

Mais ces faux-pas sont loin de brimer l’expérience complète de Yo-Kai Watch 2. On voit facilement que le jeu a été fait avec cœur et passion. Seulement le fait de tenter de nouvelles choses dans une ère où plusieurs développeurs se contentent de recycler le même contenu à chaque année est louable. De plus, le jeu est très beau, coloré, plein d’objectifs divers, rempli jusqu’à ras bord de charme (le personnage principal enlève ses souliers en entrant dans une maison !) et se démarque comme un véritable confrère à Pokémon dont la comparaison est immanquable.

Mon verdict ?

Yo-Kai Watch 2 : Fleshy Souls est un très bon jeu de rôle autant pour sa simplicité que sa profondeur. Tous les aspects du jeu sont soignés et laisse le joueur choisir la manière dont il veut y jouer. Que ce soit pour découvrir l’histoire de ce monde, s’y promener pour capturer toutes sortes de créatures, terminer toutes les missions ou pour concocter la meilleure équipe de combat, tout le monde y trouve son compte et je trouve cette approche tout simplement géniale !

Bien sûr, le jeu n’est pas parfait. Certains éléments de jeu ne seront pas disponibles avant d’avoir  quelques heures de passées derrière votre 3DS, dont les combats en ligne, le format de l’histoire est un peu déroutant au début et la chasse aux Yo-Kais devient lassante et un peu monotone après quelques temps.

Malgré tout, je recommande ce RPG ambitieux qui me semble toujours méconnu au Canada. Je me répète, mais que vous soyez amateur de jeux de rôle comme pokémon ou pas, Yo-Kai Watch propose assez de variété de style de jeu pour savoir vous satisfaire amplement pendant plusieurs heures. C’est donc pour cela qu’il remporte ma note de 7.5/10.